” Je commence logiquement à partir du chaos, voila ce qu’il y a de plus naturel. Je reste calme ce faisant, parce qu’il m’est permis tout d’abord d’être moi-même chaos… Il est commode de pouvoir être chaos pour commencer ”
Journal de Paul Klee – Juin 1905
J’avais 12 ans. L’arrachement brutal de la Tunisie, mon pays natal et d’enfance, en 1961, me plongea dans un chaos ; la mémoire comme anesthésiée ; le langage et la pensée déstructurés. De 1968 et jusqu’en 1981, malgré de longues interruptions, je continue de mettre en scène des états psychologiques, sorte de journal émotif, dans les pas de Paul Klee dont les jeux libres sont une invitation à le suivre. Je vais de découvertes en découvertes, jusqu’à mes études du paysage en Égypte.
Carton, carte noire grattée.
Faire le portrait d’une personne signifie à la fois, une forte impression reçue, une source d’expression et une libération.
Aquarelle sur papier
Portrait du jardinier, car de mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier.
Notre maison se trouvait en face de la montagne de Thèbes ; depuis l’avancée du jardin qui donnait sur le Nil je pouvais observer du matin au soir les phénomènes lumineux sur la rive, la roche ou l’eau, l’atmosphère brumeuse, poudreuse ou étincelante, les reflets…